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Poèmes de ma paillote

par le Pt. Houphouët-Boigny de Côte d'Ivoire

La légende de Saint-Nicolas

Aujourd’hui, 6 décembre, j’éprouve le besoin de confier à mon blog la légende de Saint-Nicolas telle que l’ai entendue raconter en Lorraine où je vivais avec mes parents dans ma prime enfance.

Les lorrains prétendent qu’il est le patron-protecteur de leur région mais il est aussi très vénéré et populaire en Alsace et dans le Nord de la France. Sa légende est également répandue dans une bonne partie de l’Europe.

Saint-Nicolas n’est pas un personnage fictif. Il est né en 260 en Asie Mineure ce qui correspond approximativement à la Turquie actuelle. Il fut évêque de Myre et mourut en 345 après une vie marquée par la répression contre les chrétiens. Il connut les persécutions, l’emprisonnement, l’exil. Ce n’est que lorsque la liberté religieuse fut rétablie qu’il reprit sa place en tant qu’évêque, qu’il avait occupée au tout début du IV° siècle.

S’il fut canonisé beaucoup plus tard, c’est en raison de sa grande bonté, sa générosité mais aussi et surtout pour les nombreux miracles qu’il avait accomplis. Le plus populaire d’entre eux serait sans doute celui se rapportant à trois petits enfants qui auraient été découpés en morceaux par un boucher cupide et mis dans un saloir pendant sept ans jusqu’au jour où Saint-Nicolas les ressuscita.

Le boucher se repentit et Dieu lui accorda son pardon.

Enfant, j’ai vu Saint-Nicolas se promener dans mon petit village, monté sur un âne avec sa mitre sur la tête, la crosse des évêques d’une main et les rênes de l’autre. On disait qu’il allait dans les maisons des vrais Lorrains donner aux enfants respectueux et gentils un Saint-Nicolas en pain d’épice, un autre en chocolat et une orange, une « sanguine » enveloppée dans un papier gaufré avec un dessin de couleur dans un cercle.

On disait aussi qu’il se faisait accompagner parfois d’un certain Père Fouettard qui punissait les enfants désobéissants en leur laissant un fouet à la place des Saint-Nicolas en pain d’épice.

Ce que je pourrais ajouter à cette légende de Saint-Nicolas c’est qu’au tout début du XX° siècle, en 1904, un troubadour en a fait une chanson qui fait partie des vieilles chansons françaises dont voici les strophes :

 

Ils étaient trois petits enfants                                 

Qui s’en allaient glaner aux champs

Ils sont tant allés et venus

Que le soleil n’a plus vu.

S’en sont allés chez un boucher

« Boucher, boucher voudrais-tu nous loger ? »

« Allez, allez mes beaux enfants

Nous avons trop d’empêchement ».

 

 

 

Sa femme qu’était derrière lui

Bien vitement le conseillit

« Ils ont, dit-elle, de l’argent

Nous en serons riches marchands ».

 

Entrez, entrez, mes beaux enfants

Y a de la place assurément

Nous vous ferons fort bien souper

Aussi bien blanchement coucher.

 

Ils n’étaient pas sitôt entrés

Que le boucher les a tués

Les a coupés tout par morceaux

Mis au saloir comme pourceaux.

 

Quand ce fut en bout de sept ans

Saint-Nicolas vint dans ce champ

Il s’en alla chez le boucher

« Boucher, voudrais-tu me loger ? »

 

« Entrez, entrez, Saint-Nicolas !

De la place il n’en manque pas »

Il n’était pas sitôt entré

Qu’il a demandé à souper.

 

« Voul’ous un morceau de jambon ? »

-          Je n’en veux pas, il n’est pas bon

« Voulez-vous un morceau de veau ? »

-          Je n’en veux pas, il n’est pas beau. 

 

« De ce salé je veux avoir,

Qu’y a sept ans qu’est dans le saloir »

Quand le boucher entendit ça,

Hors de sa porte il s’enfuya.

 

« Boucher, boucher, ne t’enfuis pas !

Repends-toi, Dieu te pardonnera »

Saint-Nicolas posa trois doigts

Dessus le bord de ce saloir.

 

Le premier dit : « j’ai bien dormi ! »

Le second dit : « Et moi aussi ! »

A ajouté le plus petit

 

« Je croyais être en paradis ! »